EUROPE – Origine du lait, des viandes de cheval et gibier

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Le 20 mai 2015, la Commission européenne a déposé un rapport sur l'origine des matières premières des aliments mono-ingrédient, de ceux contenant un ingrédient primaire (>50%) et des aliments non tranformés. Mais également un rapport sur la provenance du lait, du lait utilisé comme ingrédient de produits laitiers-fromagers et de la viande de type différent de celle bovine, porcine, ovine, caprine ou volaille. Encore une fois, rien de nouveau sous le soleil occidental.

En Italie, il existe depuis 10 ans déjà l'obligation (1) d'indiquer la zone de traite ou l'étable de provenance pour le lait frais uniquement. Ceci n'a provoqué aucun problème particulier à la filière de production, ni de hausse des coûts ou des prix à la consommation. Au contraire, cette tentative de mettre en valeur le lait italien n'a pas servi à grand chose en regard des graves dommages causés aux élevages italiens par la réforme de la PAC (2), inconsidérée et inadaptée à cette filière.

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Le rapport de Bruxelles s'est en outre étendu à un domaine plus vaste, l'origine du lait en tant que tel – frais et UHT – et de celui utilisé comme ingrédient des produits laitiers-fromagers. Une perspective considérable pour tous les producteurs laitiers-fromagers dont la 'supply-chain' n'est pas encore sous le contrôle du cadre disciplinaire des nombreuses AOP (p.ex. Parmigiano Reggiano, Grana Padano, et tant d'autres fromages typiques). Elle revêt une importance particulière pour le consommateur, qui pourra, par exemple, distinguer une vraie mozzarella de celles réalisées avec des présures congelées d'Europe du Nord et de l'Est.

Le même rapport considère également l'hypothèse d'étendre l'indication d'origine obligatoire aux viandes d'espèces qui, en Europe, en sont encore privée (3), à savoir cheval, lapin et lièvre, autruches et caille, gibier. Une hypothèse de taille après le scandale paneuropéen des viandes de cheval – de course également (!) – retrouvées à l'aide d'analyse ADN dans de nombreux produits et plats cuisinés dans toute l'Europe, peu après la publication du dit FIR, 'Food Information Regulation' (4).

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Mais même l'expérience des 'lasagnes au galop' et du 'destrier dans la sauce' n'ont pas suffi à perturber l'immobilité de la Commission qui  – à la suite de l'habituelle étude de faisabilité, sur les diverses options disponibles pour l'étiquetage d'origine obligatoire des aliments cités – a encore une fois proposé de maintenir le 'status quo'. Sur le sillon des rapports précédents, Bruxelles a répété le jeu habituel. Etant donné l'intérêt des consommateurs à recevoir plus d'informations sur la provenance de la nourriture qu'ils achètent, on a estimé les frais potentiels et les coûts ajoutés à la charge des entreprises et des autorités publiques.

Sans même parler des avantages en terme de majeure garantie de la sécurité alimentaire, associée aux mesures et contrôles plus stricts sur la traçabilité des marchandises, l'exécutif communautaire a décidé que 'cela n'en valait pas la peine'. Les prix à la consommation augmenteraient de façon supérieure par rapport à la propension du consommateur à payer un surpoids pour jouir d'informations supplémentaires. La Commission suggère donc de maintenir une approche volontaire. Est-ce que c'est un hasard? Ces jours le Congrès Américain a justement voté en faveur de l'annulation de l'obligation d'indiquer l'origine des viandes (5).

Dario Dongo


Notes:

(1) Cfr. D.M 27 mai 2004, D.M. 14 janvier 2005
(2) Politique Agricole Commune
(3) Des prescriptions spécifiques sont en effet établies autant pour les viandes bovines (rég. CE 1760/2000, 1825/2000), que pour celles de mouton, chèvre, porc et volaille (rég. UE 1337/2013)
(4) Rég. UE 1169/11
(5) http://apnews.myway.com/article/20150611/us-congress-meat-labeling-11265046c4.html

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